Le Pac Crazy Crew c'est un groupe de jeunes athlètes de Pessac qui vous font découvrir leurs activités à travers ce web-blog.

Derrière son fer de lance Kenenisa Bekele, dont la quête d'un sixième titre consécutif s'est évanouie dans la fournaise de Mombasa au Kenya, l'Ethiopie repart meurtrie des Mondiaux-2007 de cross-country, organisés par le rival kenyan, grand vainqueur sur ses terres.
L'abandon de Bekele, moins d'un kilomètre avant l'arrivée, impuissant, à bout de force, rongé de l'intérieur par la chaleur, peut-être aussi déstabilisé par une erreur dans le décompte des tours, restera comme l'image la plus stupéfiante des Mondiaux kenyans qui n'en n'ont pas été avares.
Un instantané de souffrance, comme il y en eut beaucoup -trop?- samedi sur le parcours de golf de la cité portuaire, en bordure d'Océan indien, où 30.000 personnes, peut-être plus, s'étaient massées dans un joyeux désordre, pacifiques et enthousiastes, sous le soleil, mais par 35° à l'ombre. Certains dansèrent et applaudirent quand Bekele baissa les bras.
Mais la chute inattendue et dramatique de l'empereur du fond, qui a concentré toutes les attentions, a masqué celle de son pays.
Pour la première fois depuis dix ans, l'Ethiopie revient sans médaille d'or individuelle (seniors et juniors).
Elle ne rapporte d'ailleurs que deux médailles individuelles sur les douze distribuées, grâce à Tirunesh Dibaba (argent) et Meselech Melkamu (bronze) chez les femmes. Comme chez les seniors hommes, aucun junior éthiopien (garçons et filles) n'est monté sur le podium.
Pire, chez les seniors hommes, cinq représentants éthiopiens ont abandonné et seulement quatre ont terminé, ce qui n'a pas permis à l'équipe d'être classée (il faut six coureurs à l'arrivée) alors qu'elle avait fini 23 fois sur le podium par équipes lors des 26 précédentes éditions (depuis 1981)...
N'en déplaise aux supporters ethiopiens que compte le crew, cet échec et surtout la manière (quatre abandons) avec laquelle l'Ethiopie a perdu tous ses titres a montré que l'état d'esprit de ses coureurs était loin d'être irréprochable. C'est pourquoi, à titre personnel, je garderai toujours comme modèle le comportement du kenyan, qui ne renonce jamais, qui arrive à se dépasser, et qui reste noble dans la défaite.